Même si Mickaël Landreau arrive à Lille comme numéro un, il sait que son statut ne lui permet pas pour autant de se reposer sur ses lauriers. L'ancien gardien du PSG, pas amer, a même la sensation de tout reprendre à zéro.
Mickaël Landreau, pourquoi avez-vous choisi Lille plutôt qu'un autre club ?
Pour un ensemble de choses. Lille, c'est du professionnalisme et de la régularité dans les résultats depuis une dizaine d'années. En plus de tout ça, nous avions aussi une envie commune de travailler ensemble.
Avez-vous décidé de quitter le PSG dès que vous avez su que Paul Le Guen n'en serait plus l'entraîneur ?
Non, ça n'a rien à voir avec Paul. J'avais prévenu Sébastien Bazin que je voulais partir avant même qu'il choisisse de ne pas reconduire Paul. Tout un tas de choses ont été dites mais je ne me suis pas exprimé à ce moment-là. C'était une envie qui n'a rien à voir avec le coach. Je m'étais juste investi totalement et j'avais envie de vivre autre chose. Mais j'ai franchement vécu pleinement cette expérience. Je ne pars pas du tout en étant amer. J'ai gagné la Coupe de la Ligue et je suis allé en quarts de finale de la Coupe de l'UEFA : nous avons fait des choses quand même. Ça n'a pas été trois années sans rien. Même humainement, notamment mentalement, je me suis prouvé des choses.
Pourquoi avez-vous tenu à rester en France ?
C'était vraiment un souhait de ma part. Comme c'était un souhait de ma part d'aller à Lille.
Le vrai-faux départ de Rudi Garcia ne vous a-t-il pas un peu refroidi ?
Non, pas du tout. Il y a des intersaisons où il peut y avoir des soubresauts mais ça a été géré avec intelligence. Ça s'est passé à un moment où il n'y avait aucune activité sportive. Ce qui prouve que les dossiers ont été bien gérés.
Avez-vous senti un léger flou lors de cette reprise avec le LOSC ?
Non, j'ai l'impression que c'est un club qui roule, avec ses moyens et en réalisant de belles choses. C'est un club qui a du potentiel mais qui se trouve, il ne faut pas l'oublier, dans sa dernière ligne droite vers son grand stade. Donc il ne lutte pas à armes égales avec les trois ou quatre grands clubs qui peuvent recevoir 45 000 personnes à chaque match. Mais Lille a montré de belles choses. Et en tout cas, le projet m'intéresse vraiment. Il reste trois ans jusqu'au nouveau stade et c'est aussi dans cette perspective-là que j'ai signé à Lille.
Vous imaginez-vous ancré à long terme au LOSC ?
Je ne vis pas comme ça. Je dois d'abord m'adapter à ce club, à cette équipe, et découvrir de nouvelles choses. C'est une nouvelle aventure qui part pour moi et je suis content de la vivre.
Rudi Garcia a annoncé que vous seriez le numéro un devant Butelle. Est-ce que cela vous rassure ?
Oui mais c'est tous les jours, à chaque entraînement et chaque match, que l'on mérite sa place. C'est vraiment comme ça que je le vois. Je n'arrive pas en me disant que je suis intouchable. Je repars de zéro, pour une nouvelle aventure, et je dois en montrer tous les jours à mes partenaires et partager avec eux.
Sentez-vous que votre statut est différent aujourd'hui de celui que vous aviez quand vous aviez quitté Nantes pour Paris ?
Non car j'avais déjà un statut en arrivant à Paris. Après, les clubs sont différents. Et je suis vraiment heureux d'être là.
Pourquoi avez-vous refusé l'offre de Saint-Etienne ?
J'ai eu un très bon échange avec le coach (ndlr : Alain Perrin) mais j'avais donné ma priorité à Lille puisque j'avais eu des discussions avant ça avec Rudi Garcia. Je suis content d'arriver dans un club où tout le monde va dans le même sens autour d'un projet qui me correspond. C'est parfait.
Vous aviez également des offres espagnoles. Vous êtes-vous dit que l'Espagne, ça serait pour plus tard ?
Non, je ne me suis pas dit que ça serait pour plus tard. Ça fait toujours plaisir d'avoir des contacts. Maintenant, je le répète : ça fait deux-trois mois qu'il y a des supputations de partout. Mais moi, je n'ai rien dit. J'ai laissé faire car je voulais finir du mieux possible avec Paris. Plein de choses ont été dites mais ça ne m'a pas empêché de faire mon métier le plus intègrement possible. J'ai donné beaucoup pour le club et j'ai fait tout ce que je pouvais pour donner la meilleure image possible du club.
Confirmez-vous avoir eu une proposition d'un énorme club espagnol (ndlr : Real Madrid) pour endosser le rôle de doublure ?
Je n'ai pas reçu d'offre concrète par rapport à ça. Mais j'avais aussi vraiment cette envie de jouer, même si ça aurait pu être une éventualité à un moment donné.
Paul Le Guen a longtemps été annoncé à Lille. Etiez-vous partant pour une nouvelle saison sous ses ordres ?
Franchement, ce n'est pas un sujet qui m'intéresse. J'ai apprécié l'homme et j'ai apprécié travailler avec le « staff Le Guen » car c'est un staff exceptionnel et qui affiche une compétence ainsi qu'une solidarité hors du commun. J'ai vraiment échangé avec tous ces hommes et c'est avec plaisir que je partagerai de nouveau des moments sur comme en dehors des terrains. Car ce sont des gens bien.
Comptez-vous sur cette nouvelle aventure pour retrouver l'équipe de France ?
C'est quelque chose qui peut venir dans un second temps mais ce qui m'importe avant tout, c'est de vivre pleinement ce que j'ai à vivre avec Lille et de prendre du plaisir. Après, quand on est joueur, c'est logique d'avoir l'équipe de France en ligne de mire. Mais je ne vis pas en disant que ça me manque. Etre en équipe de France est quelque chose d'exceptionnel. J'ai eu la chance de le vivre et je l'espère toujours. Mais sereinement.
