[size=14px]À peine arrivé et déjà con- traint à l'inaction pendant au moins six mois... Blessé au genou droit, vendredi, sur une phase de travail isolée (un banal appui mal verrouillé), Mickael Landreau a passé hier une batterie d'examens qui ont révélé une rupture du ligament croisé antérieur. Un gros coup dur pour le tout nouveau gardien du LOSC qui sera opéré aujourd'hui à Paris.
On ne va pas tourner autour du pot : c'est grave. La blessure dont Mickael Landreau souffre est de celles - comme pour Tulio De Melo, il y a quelques mois (cartilage du genou) - qui ne laissent pas de marbre dans la mesure où elles impliquent une action chirurgicale relativement lourde, puis une longue rééducation, et enfin une période de repli sur soi forcément pénible. On y ajoutera les interférences annexes inhérentes à ce type d'accroc, à savoir les inévitables contretemps liés à la remise à niveau d'une articulation aussi sensible, l'attente personnelle du joueur et, par extension, l'impact du traumatisme sur son moral et la conduite ultérieure de sa carrière.
Il était un peu plus de 19 heures, vendredi soir, et l'entraînement (le premier de la saison) auquel le groupe lillois s'était astreint devant son public tirait à sa fin. Les sourires et les blagues fusaient entre quelques tirs mollement assurés. Et puis, soudain, Landreau ressentit une douleur. Pas de quoi inquiéter son environnement, ni imposer une évacuation d'urgence puisque l'ex-Parisien s'éclipsa en prenant appui sur l'épaule du kinésithérapeute, Stéphane Grebert.
Certains décelèrent cependant, à chaud, une grimace prémonitoire sur le visage de ce dernier et sur celui de Rudi Garcia. Impression négative hélas confirmée plus tard par le corps médical à la lumière des rapports d'examens.
Que faire ?
Une recrue toute fraîche qui craque d'entrée, victime d'un méchant coup de malchance, c'est évidemment une séquence brutale sur le plan humain. C'est aussi, forcément, une tuile pour le club qui a beaucoup misé sur l'homme. Même si l'heure n'est pas encore venue pour Michel Seydoux et son entraîneur de songer à une option de substitution, la question de la suppléance sera vite à l'ordre du jour, malgré le fait que le LOSC dispose, en Ludovic Butelle qui vient de s'engager pour trois ans, d'un gardien de réserve au profil de titulaire potentiel. « Il est trop tôt pour évoquer ça », souligne le président lillois, imprégné surtout de compassion à l'égard de Mickael Landreau. Mais il ne ferme aucune porte. « Pour une fois, ça ne tombe pas au pire moment de la saison. On va réfléchir. En attendant, la logique va être respectée : le numéro 2 (Butelle) va passer numéro 1... ».
Une perspective de remplacement un rien abrupte, voire saumâtre dans un tel contexte, que Michel Seydoux finit d'ailleurs par balayer vigoureusement pour exprimer surtout ses sentiments profonds : « Nous sommes tristes pour lui. Il avait une telle envie de jouer au LOSC... Il l'aura toujours dans six mois mais pour lui, c'est un vrai contretemps. Ce n'est pourtant qu'un accident. Disons que c'est la vie... Il faut faire faire contre mauvaise fortune bon coeur. Le club est derrière lui. » •
